Tourisme

Bienvenue en "Escale Flottage"

L'épopée des Flotteurs de bois

Cliquez sur les photos pour zoomer

A partir du milieu du XVIème siècle et pendant près de 400 ans, le flottage des bois à brûler occupa les hommes des Vaux d’Yonne et du Morvan. A cette époque, la vie d’environ 500 flotteurs et de leurs familles était liée à l’activité économique de Clamecy et de sa région.

Une période qui marqua profondément l’esprit et l’histoire des Vaux d’Yonne et sans laquelle, Paris ne serait peut-être pas Paris !

Consultez aussi le site internet du canal du Nivernais !

Les ports de Clamecy au secours de Paris !

Nous sommes sous François 1er, et un problème crucial préoccupe la capitale : comment s’approvisionner en bois de "chauffe et de four" ? En effet, le bois des forêts avoisinant Paris est épuisé, et toucher aux bois du domaine royal est chose impossible car ils sont réservés aux plaisirs de la chasse !

Le développement de la capitale est compromis : il est difficile de se chauffer, plus grave encore, une pénurie de bois pour cuire le pain menace. Bien conseillé, le Roi décide alors de faire venir jusqu’à Paris le bois des forêts morvandelles par un système de flottage.

Toute une organisation se met en place autour de l’exploitation de ces forêts et de l’acheminement de cette source d’énergie précieuse qu’est le bois à l’époque. L’épopée des flotteurs de bois commence !

Cette activité, rapidement organisée, comme une industrie avant l’heure, aura des répercussions très profondes sur notre territoire. Une statue est placé au milieu du pont de Clamecy, pour rappeler à tous l’existence des flotteurs de bois.

Le flottage : du Morvan à Clamecy

Pendant l’hiver, seule période pendant laquelle le bois peut

être coupé, les bûcherons travaillent d’arrache-pied dans les bois du Morvan. A la Toussaint suivante, presque une année après la coupe du bois, les propriétaires forestiers vendent ce bois aux marchands forains.

Après l’opération du martelage*, ces derniers

sont chargés de conduire les bois à flotter par charrois ou par l’intermédiaire des ruisseaux sur les "ports de jetage". Puis, en particulier sur l’Yonne, une à trois fois par an, un "grand flot" est organisé, permettant aux bûches de descendre des "ports de jetage" aux "ports de tirage" situés à Clamecy et ses alentours (d’Armes à Lucy-sur-Yonne).

*Le martelage consiste à frapper les bûches aux deux extrémités à l’aide de marteaux gravés du signe spécifique de chaque marchand de bois. Ce principe permet à l’arrivée des bûches à Clamecy de retrouver le bois appartenant à chacun.

Ce travail de martelage des bûches est achevé vers le 15 novembre, et leur voyage peut commencer sur les ruisseaux du Morvan. Les "petits flots", de la coupe vers la rivière d’Yonne

Quand les bois n’arrivent pas par charrois, ils s’écoulent jusqu’à l’un des 22 ports de jetage situés au bord de l’Yonne, grâce à un système de lâchers d’eau qui augmentent le débit des ruisseaux. Là, les bûches sont sorties de l’eau puis empilées provisoirement. Le "grand flot", une mer de bois déferle sur Clamecy

Quand le printemps se manifeste, à la fonte des neiges, les étangs regorgent d’eau. Les bûches sont à nouveau mises à l’eau, c’est alors une véritable mer de bois qui déferle sur les ports d’aval de Clamecy et des alentours.

C’est l’époque du grand flot, et comme lors des petits flots les "poules d’eau" surveillent l’écoulement du bois et vérifient qu’aucune bûche ne reste coincée dans les broussailles des rives.

Tous les ans, au mois d’août, une fête locale importante, la descente bidon, est organisée sur l’Yonne au coeur de Clamecy, par l’association des Crapauds de Basseville pour rappeler cet épisode du flottage. Tirage, tricage et empilage sur les ports d’aval

Plus de 30 ports sont répartis sur les deux rives de l’Yonne de part et d’autre de Clamecy et des communes voisines ; les flotteurs s’apprêtent à recevoir le bois arrivant par l’Yonne ou le Beuvron. Il faut imaginer 700 000 stères de bois qui sont tirés, triqués et empilés à cette occasion. C’est une véritable industrie !

On sort de l’eau la quantité de bois affectée à chaque port, c’est le tirage. On trie les bûches, en fonction des marques apposées lors du martelage, et c’est le tricage. Chaque marchand forain doit retrouver la quantité de bois acquise lors de la "foire aux bois" de la Toussaint.

Chaque pile de bois est ensuite édifiée en fonction des différents propriétaires et selon une technique extrêmement réglementée, c’est l’empilage. En vous promenant dans notre région, observez la façon dont sont "pilées" certaines réserves de bois...

A compter de l’arrivée du grand flot, ce sont des centaines d’hommes, de femmes et aussi d’enfants qui s’activent sur les ports d’aval. En principe, tout doit être terminé pour la mi-juillet.

L’élection du "Roi Sec" et les joutes :

Vers le 15 juillet, le travail est terminé sur les ports d’aval. Cet événement se fête par une manifestation très particulière : les joutes.

Il ne s’agit pas d’une simple fête puisque le vainqueur, le "Roi Sec", le plus fort, celui qui ne tombe pas dans l’eau, devient le porte-parole des flotteurs pour l’année à venir. Il représente ses compagnons de travail lors des grèves et des émeutes qui ne manquent pas de se produire, tant le travail est rude et dangereux.

Le flottage : de Clamecy à Paris

Les joutes sont loin déjà ! Les travaux des champs s’achèvent. Il est temps pour les ouvriers de retourner au travail du bois. Il faut préparer les trains de bois qui vogueront vers la capitale du royaume !

Chacun de ces trains de bois est en réalité un immense radeau de 75 mètres de long, quatre mètres cinquante de large, et un demi-mètre d’épaisseur. Il est réalisé avec en moyenne 200 stères de bois, c’est-à-dire un volume de 200 mètres cubes.

Cet ouvrage, complexe à réaliser, dont le façonnage est très réglementé, demande environ une semaine de travail à six ouvriers expérimentés.

C’est donc, à l’époque de l’activité la plus intense, 700 000 stères qui se transforment en 3500 trains de 200 stères de bois chacun. Chaque train est constitué de deux parts que l’on va "coupler" l’une derrière l’autre dès que la rivière le permet.

La conduite d’un train nécessite deux pilotes : un flotteur et généralement un enfant (le "petit homme d’arrière"). Les pertuis franchis, vers Auxerre, le "gamin" rentre à Clamecy.

Une fois arrivé à Paris après un voyage souvent périlleux de 10 à 15 jours, le flotteur doit revenir à pied. Clamecy devient ainsi, et le restera pendant près de 4 siècles, le centre technique, commercial et administratif de l’approvisionnement de Paris en bois de "chauffe et de four".

Les archives locales mentionnent pour 1804, 3535 trains de bois confectionnés autour de Clamecy et 1051 à Vermenton, dans le département de l’Yonne. L’ensemble représente près de 90% du bois consommé à Paris!

Le flottage : la fin d'une époque

Pour faciliter le flottage et réduire les risques, un grand projet est mis en chantier, c’est le canal du Nivernais. Il devait servir essentiellement au flottage du bois, en permettant d’amener sur le versant Seine les bois de la partie morvandelle du versant Loire.

Mais quand la construction de ce magnifique ouvrage s’achève, en 1843, l’opposition des propriétaires forestiers, la difficile cohabitation avec la navigation, et surtout le développement de l’utilisation du charbon, entraînent la disparition du flottage.

Au fil du temps, le canal du Nivernais devient en réalité un canal de navigation. C’est en 1893 que se termine le flottage sur les "petites rivières". Suit l’arrêt du flottage sur la Haute Yonne en 1923, puis sur la Cure en 1927.

L’épopée des flotteurs se termine. Elle a marqué profondément la région, économiquement, socialement, et culturellement. Le bois est encore beaucoup utilisé pour se chauffer dans les Vaux d’Yonne !

Une salle d’exposition est entièrement consacrée à la restitution de cette période marquante de notre histoire au Musée Romain Rolland, à Clamecy.

La confrérie Saint-Nicolas vous propose également de visiter l’éco-musée du flottage où vous pourrez à l’aide de maquettes et d’objets de tous genres, mieux comprendre et imaginer la vie quotidienne des flotteurs.

Renseignements à l’Office de Tourisme du Pays des Flotteurs de bois :
7 - 9 rue du Grand Marché - 58500 Clamecy
Tél 03 86 27 02 51 - Contact